En poursuivant votre navigation sur le site, vous acceptez l'utilisation des cookies...

CONTACT : | APPLI : | NEWSLETTER

Paris, le 8 mars 2021. Lors d’un déplacement dans la Creuse le 6 mars, le Premier ministre promet « de mettre le paquet sur la vaccination ». Or, un décret publié au Journal Officiel le 4 mars autorise la vaccination contre la Covid-19, en toute autonomie aux pharmaciens et sages-femmes… mais pas aux infirmières et infirmiers libéraux. Comment Monsieur Castex compte-t-il réussir sa stratégie vaccinale en nous méprisant de la sorte ?

Suite aux recommandations de la Haute Autorité de Santé en date du 2 mars[1], le Ministère des Solidarités et de la Santé a publié un décret autorisant pharmaciens et sages-femmes à vacciner en toute autonomie, respectivement, au sein de leur officine ou de leur cabinet. Ces deux professions sont habilitées à réaliser l’entretien d’éligibilité à la vaccination, ainsi qu’à assurer la vaccination. Quant aux infirmières et infirmiers libéraux, ils ne sont habilités qu’à réaliser l’injection après qu’un médecin (ou pharmacien, ou sage-femme) ait réalisé l’entretien pré-vaccinal, reléguant notre profession au simple rôle d’exécutant.

Pourtant … la profession infirmière est historiquement impliquée dans la vaccination du fait de ses compétences en matière de prévention.
En 2008, notre profession a acquis l’autonomie pour la vaccination contre la grippe en étant habilitée à vacciner, sans prescription médicale, les personnes à risque ayant déjà été vaccinées.
En 2013, afin d’assurer ces injections en toute sécurité, nous avons été autorisés à détenir de l’adrénaline injectable permettant de faire face à un choc allergique lors de l’acte vaccinal.
Enfin, depuis 2018, la profession infirmière est autorisée à vacciner contre la grippe les patients pour lesquels la vaccination est recommandée, même dans le cadre de la primo-injection.
Nous rappelons également que notre profession s’est particulièrement investie dans les centres de vaccination depuis leur ouverture.
Devons-nous encore démontrer nos compétences en termes de vaccination ?

Alors que la livraison des vaccins s’accélère, et devrait atteindre 5 millions de doses par semaine dès le mois d’avril, comment le Gouvernement compte-t-il assurer la vaccination des concitoyens sans l’appui des 132 000 infirmières et infirmiers libéraux et de leurs remplaçants ?
La vaccination sera, en grande partie, réalisée en ville et au domicile des patients. La campagne de vaccination peut-elle réellement se passer des seuls professionnels de santé du domicile, disponibles sur tout le territoire et soumis à la continuité des soins ?

Dès le 16 février dernier, le Sniil a pourtant interpellé en ce sens le Ministre des Solidarités et de la Santé dans un courrier. Depuis aucune réponse… Comment, devant tant de mépris, la profession infirmière qui est mobilisée dans cette pandémie depuis plus d’un an, pourrait-elle encore s’impliquer dans cette crise sanitaire ?

 

Catherine Kirnidis, Présidente Nationale Sniil (06.70.79.56.96)
Contact presse :


[1] Les recommandations de la HAS : Stratégie de vaccination contre le SARS-CoV-2 - Extension des compétences vaccinales des professionnels de santé - 2 mars 2021