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Paris, le 10 novembre 2020.- Le 15 octobre 2020 lors d’une conférence de presse, Olivier Véran, Ministre des Solidarités et de la Santé, annonçait que 5 millions de tests antigéniques avaient été « déployés dans l’ensemble des régions françaises ». « Prochainement », continuait le Ministre, « médecins libéraux, pharmaciens d’officine et infirmiers libéraux pourront acquérir ces tests ainsi que le matériel de protection adéquat et réaliser directement ces prélèvements ». Vingt-six jours après ce discours, la réalité est toute autre...

Sur le terrain, les tests antigéniques manquent en effet cruellement… et les infirmières et infirmiers libéraux sont toujours dans l’incapacité de répondre correctement au défi du dépistage massif souhaité :

  • soit parce que les pharmacies, en charge de diffuser les tests, n’ont toujours pas été livrées 
  • soit parce que certains pharmaciens font de la rétention de tests, préférant les réaliser eux-mêmes et faisant fi des instructions du Ministère de la Santé leur demandant de délivrer les tests aux professionnels de santé habilités.

 Face à cette nouvelle cacophonie, le Sniil dénonce :

  • les effets médiatiques répétés du Ministère : la commande de tests antigéniques destinée aux professionnels de santé de ville n’aurait été passée par l’Etat que le 28 octobre[1]... soit 13 jours après l’annonce d’Olivier Véran. Pourquoi avoir autant attendu ?
  • l’inertie des instances : selon la doctrine diffusée par la Direction Générale de la Santé le 28 octobre, les tests antigéniques doivent être réalisés en priorité sur un certain nombre de publics. A cet effet, une communication devait être réalisée. Or, 13 jours après, toujours rien…
  • enfin, la lourdeur administrative… Ainsi, depuis cet été, les infirmiers libéraux qui participent à des actions de dépistage en masse de type drive doivent déclarer tous lieux de prélèvement en-dehors de leur cabinet ou du domicile des patients pour éviter le risque d’être accusé d’exercice forain infirmier. A quand la mise en place de la dérogation temporaire demandée à de multiples reprises par le Sniil ?

Cette dernière disposition est d’autant plus importante qu’à l’heure actuelle, certains représentants de pharmaciens insistent lourdement auprès du Ministère afin d’obtenir l’autorisation de faire intervenir des infirmières libérales pour pratiquer les tests antigéniques au sein même de leur officine.

Pour le Sniil, cette proposition est inacceptable. En effet les infirmiers libéraux :

  • sont déjà tous habilités à l’acte de prélèvement nasopharyngé par leur formation initiale et, donc, immédiatement disponibles pour les réaliser
  • sont déjà tous dotés, par obligation légale, de cabinets répondant à des normes imposées, dans lesquels ils peuvent réaliser les tests antigéniques
  • sont les professionnels de santé libéraux les plus nombreux, avec un nombre de cabinets (48 700)[2] très largement supérieur aux 21 152 officines actuellement répertoriées[3] et beaucoup mieux répartis sur tout le territoire
  • sont également autorisés à réaliser les tests antigéniques à domicile, lieu beaucoup plus sécurisé qu’une officine pour éviter toute contamination au Covid-19 avec d’autres patients.

Ayant déjà fait la preuve de leur réactivité lors de la 1ère vague du Covid-19, les infirmières et infirmiers libéraux ont aujourd’hui toute compétence à être des acteurs essentiels du dépistage. Il est grand temps que le Ministère de la Santé leur permette réellement de le devenir.

 

[1] Cf. article dans l’Usine Nouvelle à lire en cliquant ici  [2] Source : MASCF  [3] Source : Ordre National des Pharmaciens