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Dans sa contribution au Ségur de la Santé, la Mutualité Française présente 24 propositions « pour une transformation systémique du système de santé ». Parmi elles, figure l’idée de « mettre fin à l’exercice isolé des professionnels de santé du 1er recours » et de généraliser, d’ici 5 ans, des « Espaces de Santé Pluriprofessionnels ». Définis comme « équipes de soins traitantes » disposant d’une rémunération majoritairement forfaitaire, les « Espaces de Santé Pluriprofessionnels » de la Mutualité Française ne seraient, ni plus ni moins que des centres de santé, dispensaires ou réseaux de soins. Pour contraindre les professionnels du 1er recours à s’y intégrer, la Mutualité Française propose alors carrément de minorer la rémunération de ceux qui n’y interviennent pas…

Face à cette proposition, le Sniil :

  • tient d’abord à souligner que la coordination entre professionnels de santé existe bien au-delà de l’exercice pluriprofessionnel contractualisé
  • rappelle que les professionnels de santé libéraux, dont les infirmières, n’ont pas attendu les conseils de la Mutualité Française pour s’engager dans l’exercice pluriprofessionnel de façon efficace, réactive et au plus près des patients
  • dénonce avec force la manipulation de la Mutualité Française qui tend à faire croire qu’il n’existerait qu’une seule forme viable d’exercice pluriprofessionnel : une version majoritairement salariée
  • s’insurge contre la suggestion de disparition de l’exercice libéral que sous-entend la proposition de la Mutualité Française
  • s’indigne de l’ingérence de la Mutualité Française dans la vie conventionnelle, seule habilitée à fixer la rémunération des professionnels de santé libéraux, et qui ne concerne que l’Assurance Maladie et les syndicats professionnels représentatifs.

Enfin, le Sniil condamne également avec la plus grande fermeté la vision étriquée de la Mutualité Française de ce que devrait être l’accompagnement des personnes âgées en perte d’autonomie. Militant pour la généralisation des Ehpad et la fusion de toutes les organisations de maintien à domicile (HAD, SSIAD, SAAD), la Mutualité Française souhaite, là, ni plus ni moins qu’écarter les professionnels de santé libéraux du maintien à domicile… alors même que les soins de ville ont déjà très largement fait la preuve de leur efficience dans le domaine.

Pour le Sniil, la Mutualité Française a donc, là, très largement dépassé les bornes. Le Sniil met d’ailleurs en garde les professionnels de santé libéraux qui pourraient faire appel à ce type d’organisme pour financer tout ou partie de leur projet d’exercice coordonné pluriprofessionnel (MSP par exemple). Car alors, le risque est grand de voir se faire imposer des conditions drastiques d’exercice peu compatibles avec un exercice libéral.