// Google analytics

En poursuivant votre navigation sur le site, vous acceptez l'utilisation des cookies...

CONTACT : APPLI :

Paris, le 11 mai 2020. - Le 28 avril, le Premier Ministre dévoilait la stratégie de déconfinement. Face à l’Assemblée Nationale, il assurait alors que 700 000 tests seraient réalisés chaque semaine, dès ce 11 mai. En « première ligne de cette recherche de cas contacts », Edouard Philippe nommait alors « les professionnels de santé libéraux, notamment médecins généralistes et infirmiers libéraux ».

En ce 11 mai, pourtant, alors que la stratégie « Protéger - Tester - Isoler » est sensée être déjà mise en place, les 120 000 infirmiers libéraux de France n’ont toujours aucune réponse claire :

  • ni sur leur rôle exact dans le dépistage : auront-ils la possibilité de procéder au test à domicile ? En Ehpad ? Dans les centres Covid 19 ? Au sein de leurs cabinets ? Dans des entreprises ? Pourront-ils organiser des lieux dédiés en lien avec des médecins généralistes et des collectivités locales dans les communes ne disposant pas de laboratoire de biologie médicale ?
  • ni sur les conditions matérielles de ce dépistage : qui leur fournira les écouvillons et des équipements de protection ? Quel tarif sera appliqué pour cet acte ? Quelle procédure pour l’acheminement des prélèvements garantissant leur qualité ?
  • ni, enfin, sur leur rôle dans le parcours de soin des patients Covid+ lors de la phase d’isolement des patients testés positifs.

Ainsi, malgré l’appel lancé à la concertation sur le sujet du déconfinement dès le 9 avril par le Sniil[1], les 120 000 infirmières et infirmiers libéraux, incontournables pour pouvoir assumer la réalisation de 700 000 tests/semaine par leur nombre et leur organisation historique avec les biologistes, sont dans la plus grande confusion.

Pire même… ils ne rencontrent aucune considération de la part de leur autorité de tutelle qui, par exemple, refuse le droit de prescription des tests de dépistage aux infirmiers libéraux… alors qu’il l’accorde à des fonctionnaires de l’Assurance Maladie qui n’ont jamais mis les pieds au domicile du patient et ne connaisse pas son entourage !

Constructif, le Sniil avait émis auprès du Ministère de la Santé et de la Caisse Nationale d’Assurance Maladie des propositions afin que la promesse de 700 000 tests/semaine puisse bien être tenue (cf. les propositions du Sniil). Elles sont soutenues par le Syndicat des Biologistes. Mais apparemment, comme d’habitude, la parole de technocrates a plus de poids que celle des seuls professionnels de santé présents au plus près des patients depuis l’apparition du Covid 19.

Depuis le début de cette crise, les infirmières et infirmiers libéraux ont su prendre leurs responsabilités, gérer les situations et pallier les couacs de leurs autorités de tutelle. Ils sont donc en droit, aujourd’hui, d’exiger de la part de M. Véran, Ministre de la Santé, et de M. Revel, directeur général de l’Assurance Maladie, des réponses claires et rapides à leurs questions.

[1] Cf. Extrait du communiqué de presse : « Non ! les infirmières libérales ne sont pas des bouche-trous » : « Il serait donc souhaitable qu’avant de décider des conditions du déconfinement, le Ministère se rapproche des professionnels de santé qui sont sur le terrain. Ceci permettra sans doute d’éviter de nouveaux couacs… »