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Paris, le 19 mars 2018

Jeudi 15 mars à Fos-sur-Mer puis dimanche 18 mars à Perpignan, des infirmières exerçant à domicile ont subi des violences de la part de familles de patients. Dans les deux cas, les infirmières traumatisées se sont rendues au commissariat pour porter plainte…

mais n’ont pas pu le faire : elles en ont été dissuadées par les autorités qui ont préféré enregistrer, à la place, un dépôt de main courante. Ce qui implique qu’aucune enquête ni poursuites ne seront déclenchées contre les agresseurs malgré la gravité des faits…

Ainsi, jeudi 15 mars à Fos-sur-Mer, une infirmière exerçant à domicile et l'étudiante infirmière qui l'accompagnait s’occupaient d’une patiente en soins palliatifs lorsque cette dernière décéda. Aussitôt, la famille, pourtant avertie de l’issue probable, les injuria, menaça de mort, brutalisa et, même, les séquestra. Les infirmières n’ont pu sortir de cette situation que grâce à l’intervention de la police municipale prévenue par le médecin traitant contacté « en douce » par l’infirmière. Particulièrement touchées, les deux soignantes ont alors été prises en charge à l’hôpital où elles se sont vues attribuées chacune une incapacité temporaire de travail (ITT) de 10 jours. Pour autant, malgré la gravité des faits, les fonctionnaires de police ont minimisé les événements, affirmant qu’il n’était pas nécessaire de porter plainte. Encore fragilisées, les infirmières ont alors cédé, ne procédant qu’à un simple dépôt de main courante.

Deux jours plus tard, dimanche 18 mars au matin : même réaction des autorités policières, cette fois à Perpignan. Une infirmière libérale s’est, en effet, vu refuser un dépôt de plainte contre le mari d’une patiente qui venait de l’agresser verbalement et de la menacer violemment. Arguant qu’ « il n’y avait pas eu de coups », et se déclarant débordés, les fonctionnaires de police ont, là aussi, minimisé les faits et conseillé à l’infirmière de revenir le lendemain pour un simple dépôt de main courante... malgré le fait qu’un autre patient de l’infirmière habite le même immeuble, que cela l’oblige donc à revenir sur les lieux matin et soir tous les jours, et que l’agresseur a promis qu’il « ne s’arrêterait pas là ».

Face à cette actualité, le Sniil tient, d’abord, à apporter tout son soutien aux infirmières victimes de ces violences. Le Sniil dénonce également avec la plus grande fermeté l’attitude des autorités policières qui, dans les deux cas, a consisté à minimiser les faits et à dissuader de porter plainte.

Rappelant que ces infirmières ont été agressées dans l’exercice de leurs fonctions, et qu’à ce titre, elles doivent avoir les mêmes droits à l’empathie des fonctionnaires de police que tout policier, enseignant ou médecin agressés eux aussi dans l’exercice de leur profession, le Sniil exige que les Ministères concernés (Santé, Intérieur, Justice) agissent au plus vite pour que ce type d’ « accueil » réservé aux infirmières libérales ne se reproduise plus…

… Et ce, d’autant plus que l’on assiste à une multiplication des actes de violence au quotidien à l’encontre de ces professionnels. Si en 2008, 18% des infirmières libérales se plaignaient d’avoir été confrontées à de la violence de la part des patients ou de leur famille, en 2015, ce sont, par exemple, 32% des infirmières libérales des Pays de la Loire qui en ont été victimes (injures, menaces et/ou violences physiques)1.

Seuls professionnels de santé exerçant à 90% à domicile, dans tous les quartiers, à toute heure et pour tous types de patients (y compris atteints de troubles psy), les infirmières et infirmiers libéraux se trouvent déjà en première ligne d’une violence au quotidien en augmentation. Il ne faudrait pas que s’y rajoute une violence institutionnelle toute aussi inacceptable

 

Catherine Kirnidis, Présidente Nationale Sniil (06.70.79.56.96)

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