En poursuivant votre navigation sur le site, vous acceptez l'utilisation des cookies...

CONTACT : APPLI :
Paris, le 7 mars 2018

Demain se tiendra au Ministère des Solidarités et de la Santé une  réunion de concertation sur l’exercice Infirmier en Pratique Avancée. Ceci constituera la première occasion de s’exprimer sur ce sujet pour les syndicats infirmiers représentatifs, totalement exclus jusqu’à lors des travaux…

Le Sniil a pris connaissance par avance des projets de textes réglementaires qui seront présentés. Stupéfait de ce qu’il y est écrit, le Sniil dénoncera avec force, l’énorme marché de dupes qui se prépare, sans aucune plus-value pour la profession infirmière.

En effet, alors que la formation de ces professionnels devrait, selon la Direction Générale de l’Offre de Soins, « leur permettre de développer des compétences vers un haut niveau de maîtrise afin de répondre aux nouveaux enjeux d’un système de santé en pleine mutation », les textes réglementaires en projet ne donnent strictement aucune autonomie aux futures infirmières et infirmiers exerçant en pratique avancée (IPA).

Ainsi outre le fait que les IPA ne pourront exercer qu’au sein « d’une équipe de soins primaires ou équipe d’établissement de santé » évidemment coordonnées par un médecin, voire même qu’en « assistance d’un médecin spécialiste », on apprend que dans tous les cas, c’est le médecin qui décidera, in fine, des missions de l’IPA : domaine exact d’intervention, patients qui seront suivis et même modalités de prise en charge des patients.

Par ailleurs, le Sniil dénonce également dans les textes qui seront présentés demain :

  • l’absence totale de la notion de « consultation infirmière », même si l’une des missions de l’IPA sera bien de « conduire un entretien avec
  • le patient, réaliser une anamnèse de sa situation et procéder à un examen clinique »le soin pris à ne jamais mentionner la notion de « science infirmière », mais seulement les « sciences contribuant à l’exercice infirmier »
  • la limitation de l’intervention du futur IPA à des listes prédéfinies de prescriptions, examens biologiques et, même d’actes, qu’il sera autorisé à renouveler, adapter, prescrire ou interpréter. On remarque, d’ailleurs, que la liste d’actes s’inspire en grande partie de ceux déjà autorisés pour les infirmières et infirmiers relevant du protocole Asalée… !

Dans tous les pays du monde, la pratique avancée se caractérise, selon le Conseil International des Infirmières, par « un degré élevé d’autonomie professionnelle », « l’intégration de la recherche », « la gestion de sa propre charge de travail », « des compétences cliniques étendues et reconnues comme telles », ET« la fourniture de services de consultation ». Pour le Sniil, en l’état actuel des choses, ce n’est pas du tout la définition qui a été choisie par les autorités Françaises !

Rappelant que cet exercice en pratique avancée nécessitera au minimum un niveau d’étude master 1, voire master 2 (soit le bac+5 des sages-femmes qui, elles, pratiquent en toute autonomie !), le Sniil n’acceptera pas que les compétences infirmières soient, de nouveau, bradées. Le Sniil se pose, par ailleurs, une question : le lobbying médical français est-il si fort pour que la France ne donne pas plus d’autonomie aux IPA et ose aller à l’encontre du chemin tracé à l’international ?

 

Catherine Kirnidis, Présidente Nationale Sniil (06.70.79.56.96)

Découvrez l'INFCI: Institut National de Formation Continue des Infirmières

APEI