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Dépendance, soins palliatifs, PLFSS[1]… Le Gouvernement annonce de nombreuses mesures à plusieurs milliards d’euros, mais aucune ne fait véritablement mention des prises en charge par les infirmières et infirmiers libéraux. Pire encore, le Gouvernement annonce le virage domiciliaire, négligeant ce qui existe déjà en ambulatoire. Les IDELS ont été la pierre angulaire de la crise Covid, et pourtant les principales politiques de santé à venir sont prévues sans les infirmiers libéraux… Le Sniil dénonce une nouvelle fois le manque de cohérence et de courage politique du Gouvernement.

A quelques mois de la fin du quinquennat et des échéances électorales, les annonces pleuvent en cet automne 2021. De nombreux moyens sont alloués pour les structures, mais qu’en est-il de la médecine de ville et du secteur du domicile ? Le Gouvernement souhaite-t-il un « virage domiciliaire » sans les acteurs de proximité ?  Comment veut-il procéder sans prendre en compte la profession d’infirmière libérale ?

 Un plan soins palliatifs et un plan dépendance en dépit du bon sens…

Le 23 septembre, le Premier ministre annonçait un plan pour la dépendance à plus de 400 millions d’euros, principalement pour renforcer les équipes en EHPAD, en ignorant complètement la prise en charge à domicile des IDELS.[2]

Selon une enquête Ifop de mars 2019, de plus en plus de Français veulent vieillir chez eux : 85% des personnes interrogées privilégieraient leur maintien à domicile. Les infirmières et infirmiers libéraux assurent déjà ces prises en charge, notamment du fait de leur ancrage territorial et de leurs compétences. Pourquoi confier de nouvelles prérogatives aux EHPAD, alors que ces structures n’assurent pas leurs missions premières que sont les soins et l’accompagnement de nos ainés en établissement ?

Par ailleurs, le 22 septembre, le ministre de la Santé présentait le 5ème Plan national des soins palliatifs et de l’accompagnement de fin de vie[3].

Ce plan ne considère aucunement les compétences et l’expertise des infirmières libérales qui accompagnent quotidiennement des patients en fin de vie. Le Sniil compte bien suivre avec attention le déploiement de ce plan[4] pour que le rôle des IDELS soit considéré dans la prise en charge des soins palliatifs à domicile.

… Et un PLFSS 2022 qui confirme ces choix

Le 24 septembre, le PLFSS 2022 a été présenté : transformation du système de santé, renforcement des actions de soutien à la perte d’autonomie, amélioration de la prévention et de l’accès aux soins… Les infirmières et infirmiers libéraux sont une nouvelle fois absents de ces mesures[5] alors même que la profession a depuis le début de la crise sanitaire montré son rôle indispensable dans le parcours de soins de la population.

Dans le projet du PLFSS 2022, comme dans les plans annoncés précédemment, il est exclusivement question de fournir plus de moyens aux structures, pour qu’elles puissent « aller vers », au travers d’équipes mobiles qui se déplaceront des établissements vers le domicile, en méprisant complètement le rôle et les compétences des infirmiers libéraux, présents au quotidien au domicile des patients.

Le Sniil compte bien apporter des amendements au PLFSS, en sollicitant les députés avant l’examen du projet devant l’Assemblée nationale mi-octobre.

Et un Gouvernement qui se voile la face…

Le Sniil s’interroge sur le jeu que joue le Gouvernement. Côté pile, il apporte plus de financements pour soutenir les aides à domicile et l’EHPAD ; côté face, il néglige les compétences et le rôle des acteurs historiques du soin à domicile que sont les infirmières et infirmiers libéraux.

Le Sniil n’a pas cessé d’alerter les pouvoirs publics sur la catastrophe sanitaire annoncée : patients sans soins, absence de médecin traitant, retards de prise en charge… Les IDELS présents sur tout le territoire, peuvent apporter des solutions. Encore faudrait-il reconnaître les compétences de la profession.

Depuis des années le Sniil fait des propositions pour pallier la désertification médicale et pour mieux prendre en charge les patients à domicile. Les différents gouvernements sont restés sourds face à nos alertes. Apporter plus de moyens aux structures et privilégier les corporatismes ne mènent à rien sauf à une situation sanitaire catastrophique. Les questions du maintien à domicile et du parcours de soins ne peuvent pas être entreprises sans considérer le rôle essentiel des infirmières libérales.

C’est en travaillant AVEC la profession que le virage domiciliaire pourra véritablement se réaliser.


[1] Projet de loi de financement de la sécurité sociale 2022, ministère de la Santé, dossier de presse, 27/09/2021

[2] « L’Etat s’engage pour le grand âge et l’autonomie : intervention du Premier ministre à Autun », Gouvernement.fr, 23/09/2021

[3] « 5ème Plan national des soins palliatifs et de l’accompagnement de fin de vie : Le Sniil attend plus pour le développement des soins palliatifs à domicile » - article du Sniil – 22/09/2021

 « Développement des soins palliatifs et accompagnement de la fin de vie : Olivier Véran détaille le Plan national pour 2021–2024 et mobilise 171 millions d’euros » Communiqué de presse du Ministère des Solidarités et de la Santé – 22/09/2021

[4] La profession d’infirmière libérale est représentée par le Conseil National des Professionnels (CNP) dans le Comité de Pilotage du Plan national des soins palliatifs et de l’accompagnement de fin de vie.

[5] Projet de loi de financement de la Sécurité Sociale 2022 – Ministère des Solidarités et de la Santé - dossier de presse – 27/09/2021