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Des services d’urgences ferment, les services hospitaliers tournent au ralenti, les déserts médicaux s’accentuent … Et pendant ce temps, un ministère sans ministre et un parlement qui se questionne sur sa possibilité à prendre des décisions. Le navire Santé prend l’eau de tous bords. Les gouvernants seront-ils à la hauteur pour éviter la catastrophe annoncée ? Rien n'est moins sûr…

Madame Bourguignon, l’éphémère ministre de la Santé et de la Prévention, semblait suivre la même ligne de conduite que ses prédécesseurs : tout faire reposer sur les médecins et les hôpitaux. Cette vision du système, partagée par les tutelles, ignore, voire méprise tous les autres acteurs de la santé et en premier lieu les IDEL sans qui les prises en charge en ville ne seraient pas possibles.

Un système à bout de souffle

La crise du système de santé était prévisible depuis des années. Les ministres qui se sont succédés n’ont jamais eu le courage de revoir en profondeur les dysfonctionnements de ce système préférant poser des rustines et misant sur les structures au détriment des acteurs de santé et des réalités du terrain.

Dans les hôpitaux, des services ferment faute d’infirmiers en nombre suffisant. L’AP-HP peine à recruter, en ville beaucoup d’IDEL se posent même la question de poursuivre leur métier car ne sont pas entendus et se sentent méprisés.

Et pourtant, la profession infirmière n’a jamais autant attirée de candidats mais beaucoup ne finissent pas le cursus[1]…. Par manque de reconnaissance des compétences ? Découragement des conditions d’exercice ? Nombre de nos collègues infirmiers se posent également la question du sens de leur métier.[2]

L’ouverture de nouvelles places dans les IFSI n’est pas une solution suffisante pour lutter contre le manque de personnel. La profession doit gagner en reconnaissance et valorisation des compétences pour devenir attractive.

Développer les compétences et l’autonomie de la profession.

Les infirmières et infirmiers libéraux attendent que soient reconnus leurs compétences, mais aussi leur autonomie qui se traduit par :

  • la possibilité de prescrire des soins,
  • la prise en charge des patients dépendants sans ordonnance préalable,
  • le suivi des pathologies chroniques en lien avec le médecin traitant ou le médecin hospitalier,
  • Réaliser des consultations infirmières dans les domaines de la prévention et du premier recours pour mieux orienter les patients dans le système de santé.

Oui, il est impératif de régler rapidement les problèmes de fermetures des services hospitaliers de l’été, mais il est surtout primordial d’écouter les IDEL.

Les IDEL, une solution pour désengorger les hôpitaux

Le Sniil demande depuis plusieurs années à ce que les IDEL soient intégrés dans la régulation des urgences à domicile. De nombreuses solutions pour lutter contre l’encombrement des services hospitaliers peuvent être mises en place :

  • Équipement des IDEL volontaires de mallettes de téléconsultation permettant la gestion d’une partie des urgences notamment celles concernant les plus âgés pour qui le passage aux urgences entraîne des situations dramatiques et représente parfois une voie de décompensation.

  • Création d’une consultation infirmière de suivi des pathologies chroniques, qui permettrait en lien avec le médecin, d’assurer un suivi, d’éviter des décompensations, d’alerter le médecin sur la pertinence d’une consultation. Tout ceci améliorerait la qualité de vie, l’accès à un professionnel de santé pour tous et éviterait des passages aux urgences inutiles.
  • Mise en place d’une coordination clinique de proximité. Ce moyen apporterait une meilleure coordination des parcours de soins des patients en ville. Des travaux sont en cours avec les Équipes de Soins Coordonnées Avec le Patient (ESCAP)[3]. Mais les tutelles freinent des 2 pieds dès lors que les projets sortent de leur traditionnelle vision du « tout structure ».[4]
  • Autorisation aux IDEL de réaliser les constats de décès. Les proches des patients qui décèdent à domicile sont de plus en plus confrontés à la difficulté de trouver un médecin pour constater le décès. Faute de courage politique, cet acte reste chasse gardée du corps médical au détriment des familles qui restent démunies et accablées par cette situation inadmissible.[5]

De nombreux sujets urgents doivent obtenir des réponses rapides : accès aux soins, attractivité des métiers de la santé notamment celui d’infirmier, réingénierie de notre métier. Ces chantiers ne peuvent plus se permettre d’attendre mais encore faut-il un capitaine capable de tenir le gouvernail du ministère pendant la tempête…

Le Sniil s’impatiente…, le système de santé de demain doit être pensé avec la totalité des acteurs de santé et non les seules fédérations hospitalières et les médecins. C’est ensemble que nous pourrons apporter des solutions, en permettant aux professionnels de santé de débattre, de se confronter et enfin de se mettre d’accord sur les modalités de prise en charge et ainsi, redéfinir les périmètres de compétences de la ville, de l’hôpital et de chacun des acteurs.

 


[1] Les écoles d’infirmiers font le plein, mais déplorent trop d’abandons en cours d’études – article Ouest France – 28/05/2022

[2] Les infirmiers s’interrogent sur leur avenir et souhaitent des évolutions de leur métier - Enquête sur l’avenir de la profession infirmière auprès de 30 000 infirmières – Ordre national des infirmiers – 08/05/2021

[3] Vidéo : « présentation ESCAP » - site de l’UNPS – 15/06/2022

[4] Exercice coordonné : quand les instances manquent réellement de volonté. – article du Sniil – 08/04/2022

[5] COVID 19 : NON ! Les infirmières libérales ne sont pas des bouche-trous ! – communiqué de presse – 09/04/2022