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L'heure est grave : et l'avenir de la profession infirmière en danger. Mais le pire, c'est que les attaques contre elle vienne de l'intérieur : de ceux qui devraient, normalement, la défendre et tout mettre en oeuvre pour la faire évoluer.

En 2008, nous avions déjà eu notre lot. Avec, notamment,la pétition « Touche pas à mon décret ». Bien qu'ayant reçu l'aval de seulement 2,5% des infirmières, le coup a réussi. La Ministre a reculé : le décret dit de compétence est donc resté simple décret d'actes, sans adjonction de missions. Résultat : aujourd'hui, les infirmières ont raté une belle occasion. Celle de voir leurs compétences générales en matière de coordination, éducation thérapeutique où autres inscrites dans une Loi. Les pharmaciens, eux, ont profité de l'aubaine… tandis que les infirmières restent encore confinées dans leur rôle de « faiseuse d'actes » (cf p. 16).

Et aujourd'hui, çà continue. Une autre pétition circule : celle intitulée « Un diplôme de licence, pas seulement une reconnaissance de grade ! ». Dite « unitaire », cette dernière rassemble dix-huit organisations. Dont certaines ne sont pas franchement représentatives et d'autres n'ont jamais assisté aux réunions sur le sujet (cf p. 4). Mais à quoi risquons-nous d'aboutir ? A voir casser une nouvelle opportunité pour les infirmières : celle d'être reconnue au niveau licence et de pouvoir accéder à un vrai cursus universitaire. Car même si les propositions faites pour le LMD sont encore à améliorer,
elles ne sont pas à rejeter aussi fortement.

Bref, finalement, on marche sur la tête : avec des syndicats qui cassent et s'arcboutent contre toute évolution sans réfléchir plus loin que le bout de leur nez. Pour arriver à leurs fins, tous les moyens sont bons : comme agiter des épouvantails par exemple. Ainsi, on lit que le Ministère soutiendrait un transfert
de compétence entre médecin et secrétaire médicale : faux ! Présente moi-même au comité de pilotage de ces expérimentations, à l'inverse de ceux qui affirment ces contre-vérités, je n'ai jamais rien entendu de tel.

Alors… alors je suis en colère contre tous ces conservateurs quiempêchent les infirmières d'avancer. Et mon dépit est d'autant plus grand que ce sont les mêmes qui, tout en se glorifiant du titre de défenseur de la profession, se permettent de faire passer leurs communiqués aux membres des Conseils de l'Ordre, au moins départementaux. Provoquant, de fait, un mélange des genres inadmissible. Et risquant d'entacher l'image de cette si importante institution…

L'heure est donc, effectivement, à la mobilisation. Contre le conservatisme. Et pour que la profession infirmière aille de l'avant.