Enfin !! Après tant d'années de lutte, la profession infirmière est dotée d'un Ordre. Comme les médecins ou les sagesfemmes,les infirmières peuvent donc désormais décider elles-mêmes des devoirs imposés par l'exercice de leur métier sans en référer à personne… Un grand pas dans la reconnaissance de l'art infirmier a été franchi.

Pour autant, ces élections à l'Ordre, surtout celle de l'échelon national, m'ont souvent value d'être interpellée. Car nombreux sont ceux à avoir noté que je ne n'avais pas fait acte de candidature.
Et ce, à l'inverse de beaucoup de mes confrères responsables nationaux de syndicats. D'où une question : pourquoi ?

La réponse est simple : il ne doit pas y avoir confusion. Les missions de l'un et des autres sont, en effet, totalement différentes : au premier de définir la déontologie de la profession, de veiller au maintien de l'éthique, et de diffuser les bonnes pratiques professionnelles. Aux seconds de défendre les intérêts matériels et moraux, tant collectifs qu'individuels, des infirmières ; mais aussi de faire évoluer les conditions d'exercice ; mais aussi de défendre et de proposer une politique de santé publique qui nous semble juste. Bref, à chacun son travail. Et sans mélange des genres.

Mais si tout est clair pour moi et au sein du Sniil, chaque infirmière libérale devra aussi savoir faire la différence. Car alors que l'inscription à l'Ordre sera obligatoire pour pouvoir travailler, l'adhésion à un syndicat tiendra toujours du choix. Un choix personnel, d'engagement, mais aussi politique. A charge, donc, pour chacune d'entre elles, ou plutôt chacune d'entre nous, de nous poser plusieurs questions : suis-je satisfaite des conditions matérielles de mon métier ? De la façon dont ma profession est considérée par les pouvoirs publics ? Ai-je envie de laisser l'Etat et le gouvernement décider seuls du devenir de mon exercice libéral ? Suis-je d'accord avec la politique de santé publique actuelle ? Et de celle qui se dessine pour demain ?

Si à l'une au moins de ces questions, la réponse est non, nous avons, encore une fois, le choix. De baisser les bras ou non. Au Sniil, adhérents et responsables, ont décidé, eux, de relever le défi. Et d'agir.

A leur façon, si particulière : c'est-à-dire avec une Présidente nationale qui reste à sa seule place de syndicaliste ; avec des responsables qui ne sont pas seulement force d'opposition, mais aussi de propositions ; et, enfin, en étant conscient que sans votre confiance, rien de possible. Merci de l'accorder au Sniil…