Paris, le 14 mai 2014.- À l'occasion de la séance de questions au Gouvernement à l'Assemblée nationale d’hier, la ministre des Affaires sociales et de la Santé, Marisol Touraine a annoncé que la situation de l’Ordre Infirmier, qualifié de « sans légitimité » et « contesté », allait évoluer. Indiquant même que son avenir était « clairement menacé ».

 

Prenant acte du discours de la Ministre, mais aussi des actions parfois trop répressives et pas assez incitatives de l’Ordre envers les infirmières et infirmiers, le Sniil, premier syndicat infirmier libéral, rappelle que :

 

  • l’Ordre Infirmier est un organisme de droit privé, devant, normalement, n’être soumis à aucune pression de l’Etat 

     

  • l’Ordre Infirmier, comme toutes les autres structures ordinales, n’a de sens, par les missions qui lui sont confiées, que s’il rassemble toute la profession, tous modes d’exercice confondus. Une modification législative, rendant facultative son adhésion pour les salariés, pourrait aussi avoir de fortes répercussions sur tous les autres Ordres (masseurs-kinésithérapeutes, pédicures-podologues, sages-femmes, médecins… ou même avocats, architectes, vétérinaires, experts comptables)

 

  • enfin, l’Ordre Infirmier est, aujourd’hui, la seule instance reconnue par la Loi pour s’assurer de l’éthique des infirmiers : sa disparition entraînerait donc un vide juridique quant à la protection du public en cas de manquement à la déontologie de l’un d’entre eux.

 

Fidèle au même positionnement depuis 2010, le Sniil tient de nouveau[i] à faire part de son refus d’une structure ordinale limitée aux seuls libéraux. Rappelant que si tel était le cas, il n’hésiterait pas à prendre ses responsabilités et à appeler ses adhérents et sympathisants au boycott de la cotisation ordinale.

 

Par ailleurs, le Sniil s’insurgera également en cas de suppression de l’Ordre Infirmier : refusant que les infirmières ne soient jugées, en cas de manquement déontologique, par des médecins ou fonctionnaires qui méconnaissent la profession d’infirmière. Si tel était le cas, le Sniil appellerait alors les associations de patients et d’usagers, qui seront les premières victimes de cette disparition de l’Ordre, à prendre, elles aussi, leurs responsabilités.

 



[i]Cf. Manifeste pour l’Ordre (juin 2010) ; communiqué « Quand la Ministre de la Santé signe l’arrêt de mort de l’Ordre Infirmier » (19 mai 2010) ; Lettre Ouverte aux Conseillers Nationaux Ordinaux (28 mars 2011) ; communiqué « Ordre Infirmier : le Sniil refusera toute structure limitée aux libéraux et dénonce les considérations qui ont amené à cette situation » (7 juillet 2011) ; communiqué « Suppression de l’obligation d’adhérer aux Ordres : le Sniil s’étonne et s’inquiète… » (7 juillet 2012)