Paris, 13 octobre 2016.- Ce mardi 8 novembre aura lieu une journée de contestation infirmière. Initiée par des syndicats infirmiers salariés, cette manifestation regroupe désormais 12 organisations du public, privé, scolaire, cadres, enseignants, et spécialistes (puéricultrices, IADE, IBODE).

Aujourd’hui, face aux difficultés que rencontrent aussi les infirmières libérales, le Sniil, syndicat infirmier libéral représentatif, rejoint ce rassemblement : et appelle les 116 800 infirmières libérales de France à manifester également ce 8 novembre pour montrer massivement leur mécontentement.

Ce jour-là, c’est donc à une manifestation réellement unitaire, rassemblant la profession de santé la plus importante de France (660 611 infirmières et infirmiers), que l’on assistera.

En effet, malgré certaines divergences de vues, force est de constater que ce sont bien tous les infirmiers et infirmières de France, tous modes d’exercice confondus, qui subissent manque de reconnaissance et de considération. Ainsi, comme leurs consoeurs et confrères salariés, les infirmières libérales sont victimes :
• d’une dégradation de leurs conditions de travail, avec multiplication des agressions physiques au domicile des patients ou lors de leurs déplacements,
• de la non-reconnaissance de la pénibilité de leur travail, malgré une obligation de continuité des soins 24h/24h et 7j/7j,
• de l’obsolescence du décret d’actes infirmiers, mais aussi, en ce qui concerne leur exercice propre, de la Nomenclature Générale des Actes Professionnels.

Par ailleurs, les infirmières libérales, professionnelles de santé les plus proches de la population par leur nombre mais aussi par leur répartition sur le territoire , revendiquent également :
• des concertations régulières, au même titre que les médecins, sur tous les sujets de santé publique (exemple : débat sur la vaccination s’effectuant sans infirmières libérales !),
• une consultation de leurs représentants pour tout changement dans leur exercice (exemple : mise en place de délégation d’actes infirmiers aux aides-soignants réalisée sans aucune concertation !),
• une protection maternité identique à celle prévue pour les femmes médecins dans le PLFSS 2017,
• et, surtout, la prise en compte de l’ensemble de leurs compétences qui, si elles étaient toutes utilisées, pourraient être source d’économies. Et c’est ainsi qu’au lieu de chercher à rogner comme d’habitude dans le budget de la Sécurité Sociale (4Mds€ d’économies prévues dans le PLFSS 2017), le gouvernement devrait avoir le courage politique de donner aux infirmières libérales de nouvelles attributions (suivi des malades chroniques et des personnes âgées en risque de dépendance avec information au médecin traitant ; élargissement du droit infirmier à vacciner…). Ou plus simple encore, de permettre l’inscription dans leur nomenclature de nouveaux actes (suivi infirmier en surveillance post-ambulatoire de plusieurs pathologies ; prise en charge de patients psychiatriques…).

Enfin, conscient de la nécessaire unité dans la revendication, le Sniil invite l’ensemble des autres syndicats infirmiers libéraux à rejoindre le mouvement du 8 novembre. Et à se rassembler ce même jour pour défendre la condition infirmière, parmi laquelle celle des libéraux.